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Le théâtre  Les origines


Origines
On trouve à l'origine du théâtre toutes sortes de rites et de danses magiques, ayant un rôle religieux, et qui subsiste encore chez certains peuples dits primitifs. L'emploi de la danse d'abord, avec ce qu'elle présente de défi à la temporalité, est à l'origine de la représentation. Certains peuples expriment par des danses rituelles la chasse, la fécondation, la fertilité. Le chant n'est qu'une manière d'exprimer, par un moyen autre que ceux de la communication courante, un état d'esprit, une prière. Ce mélange de sacré et de profane (cf. les orgies rituelles du culte de Dionysos) est à la source de toute représentation théâtrale.La comédie est née d'abord de la censure (les orgies deviennent des repas où l'on chante des chansons licencieuses), et c'est par dérision du sacré que l'emploi du masque comique s'est généralisé. Mais le sacré n'est pas pour autant absent de la comédie primitive dans laquelle des cornes symbolisent les forces de la nature ; plus tard, au Moyen Âge, la représentation du diable au moyen des cornes n'est qu'une survivance des satyres, animaux fabuleux, etc. Cette persistance du sacré se rencontre encore dans certaines fêtes populaires où la danse et le masque sont les deux facteurs essentiels. Ainsi la danse de la tarasque provençale et la représentation du cheval de Pézenas sont la survivance de vieilles coutumes rituelles d'origine purement religieuse.Peu à peu, la représentation en tant que telle commence à se détacher de son contexte religieux pour devenir une fête collective où chacun des participants peut exprimer son état d'esprit par le moyen du corps ou de la voix, en ayant toutefois recours à l'emploi d'un masque qui fait de lui non plus un acteur, mais un personnage surnaturel. La tragédie naît de ce chant et de cette expérience du vécu, proposant aux assistants de réfléchir sur le sens de leur destinée, sur l'obscurité de leur avenir. C'est en se détachant de la liturgie, au moyen d'abord d'un canevas, puis d'un texte transmis oralement (chansons, légendes, etc.), que le théâtre devient une représentation où la psychologie des personnages mis en scène prend de plus en plus d'importance. Mais il existe toujours un théâtre proprement sacré, comme les représentations des prêtres hindous qui consistent, au moyen du faste théâtral, à enseigner aux fidèles les légendes brahmaniques et bouddhiques, faisant de la représentation théâtrale le moyen d'expression d'un dieu ou d'une destinée.

Le théâtre grec
Les origines du théâtre grec, né d'une lente évolution des légendes chantées, sont mal connues et l'on se borne à des hypothèses. Comme l'attestent des textes d'Aristote, il est probable qu'au début on ait représenté dans l'enceinte même d'un sanctuaire l'histoire d'un dieu. Ainsi, on montrait à la foule la passion de Dionysos, considéré comme le père de la tragédie ; Dionysos, dès son enfance, haï par les Titans, est, comme l'Osiris des Égyptiens, dépecé et jeté dans une urne d'eau bouillante. Mais son cœur gardé par Pallas le fait renaître, comme la vigne taillée et rabougrie qui ne cesse de donner le vin. De cette tragique légende de mort et de renaissance naît la tragédie grecque. La tragédie est le domaine du destin et des héros ; la comédie, elle, est le domaine du peuple. Son origine est parallèle à celle de la tragédie, et il semble qu'elle soit issue des fêtes agraires et des orgies en honneur de Dionysos.À partir du iie s. avant J.-C., l'action prend toute son importance, le chœur étant tout à fait postiche et atrophié et ne venant pas interrompre le cours de la pièce. D'autre part, on introduit dans la comédie le mime (→ pantomime), qui existait déjà dans les pièces d’Aristophane. C'est du théâtre grec qu'est né tout le théâtre de l'Europe occidentale.

Le théâtre latin
Comme le théâtre grec, le théâtre latin tire son origine des fêtes en l'honneur de Bacchus, Priape et Liber. Mais, de bonne heure, l'influence grecque se fait sentir. En fait, les Latins, hommes de guerre et d'action, sont peu enclins au théâtre. Malgré le goût du spectacle, commun à tous les peuples méditerranéens, leur théâtre n’est que la copie de leurs illustres devanciers.En effet, si les premiers dramaturges romains, Naevius et Ennius, ont essayé de mettre en scène des sujets proprement latins, bientôt la tragédie latine, fortement influencée par Euripide, devient une imitation purement livresque. C'est surtout la comédie qui connaît le succès à Rome. Après Térence, le théâtre latin sombre dans le plus grand oubli, et les comédies ou les tragédies ne sont plus écrites pour la scène, mais pour la lecture. À côté de ces pièces délicates et décadentes, un genre typiquement romain apparaît : les atellanes, petites pièces bouffonnes et grotesques, qui préfigurent la commedia dell'arte. Mais c'est surtout le mime et la pantomime qui font fureur sous l'Empire, grâce à des mises en scène luxueuses où l'on représente, au moyen de gestes soutenus par la musique, des scènes lascives ou érotiques. Ces débauches de mise en scène amènent le public à demander un plus grand réalisme et le théâtre est délaissé en faveur du cirque et des combats de gladiateurs.

Le théâtre médiéval en Occident
Au Moyen Âge, la survivance populaire de mythes agraires et magiques, comme la danse des feux de la Saint-Jean, les mascarades qui parcourent, certains jours de l'année, les rues des villes et des villages, la célèbre élection du Pape des fous qui se déroule dans l'église même, inquiètent l'Église. Malgré les interdictions, ces fêtes continuent longtemps à se dérouler et à divertir le peuple. Pour contrer ces fêtes populaires où la joie et les orgies règnent, l'Église essaye d'abord timidement de riposter, en représentant devant les églises des pièces aux thèmes édifiants, jouées par des associations de tisserands, de cordonniers, etc. Parallèlement à ce théâtre religieux, les troupes errantes de bateleurs présentent des numéros de cirque et de courtes pièces satiriques.

Le drame liturgique
Le théâtre médiéval est surtout célèbre pour ses chefs-d'œuvre du théâtre religieux. Dès le iiie s., à Byzance, une Sortie d'Égypte est représentée, et une Passion du Christ attribuée à Grégoire de Nazianze (mais cette Passion ne serait guère antérieure à l'an 1000) essaye d'utiliser les structures de la vieille tragédie grecque au service de la liturgie. Vers l'an 1000, un théâtre plus original naît de la lente évolution du chant ecclésiastique : le drame liturgique. Les bénédictins répandent l'usage du chant antiphoné (antienne) dans toute l'Europe. Ce chant, fixé par le pape Grégoire le Grand au vie siècle, consiste en une alternance de solistes et de chœurs. Un moine du monastère de Saint-Gall (Suisse), Tutillon, imagine, en utilisant les règles et les méthodes de ce chant, de paraphraser des textes sacrés (xe s.). À l'office de Pâques, on psalmodie le dialogue entre l'Ange et les Saintes femmes, avec un sens très aigu de l'effet dramatique.À ce trope de Pâques succèdent bientôt d'autres spectacles, comme le célèbre Quem quaeritis in praesepe ? (Qui cherchez-vous dans la crèche ?) exécuté la nuit de Noël, et que l'on attribue communément à saint Martial de Limoges. Dès le xie s., ces tropes sont inscrits dans tous les offices des diocèses. D'autre part, les jours de fête, on ouvre les monastères aux fidèles et on représente des scènes tirées de la Bible. Bientôt, les épisodes tirés de la vie des saints sont traités plus librement, à cause de leur valeur dramatique. Le comique paraît du même coup, par les déguisements fantasques de certains personnages, comme le Moïse à la barbe d'étoupe et aux cornes dorées, la sainte Élisabeth enceinte jouée par un homme porteur de force oreillers, l'ânesse de Balaam que salue le rire de toute l'assemblée. Ces déguisements sont bientôt bannis de l'Église. C'est alors que les drames liturgiques, délaissant le latin pour les parlers nationaux, sont joués non plus à l'intérieur de l'église ou du monastère, mais à leurs portes.Le drame liturgique le plus connu est le Jeu d'Adam (xiie s.) qui expose la tentation, la chute et la prophétie de la rédemption de l'homme. Ce jeu déploie toute une figuration liturgique : les chœurs chantés en latin, l'officiant (figura) qui, revêtu de la dalmatique, représente Dieu. Mais déjà le profane y est présent par les multiples entractes où des diablotins taquinent les spectateurs et lancent des quolibets. Le drame liturgique, en quittant le latin et l'église, ouvre la voie aux « mystères ». Toutefois, jusqu'au XVIe s., on continue de représenter ces « enluminures » de l'Écriture un peu partout en Europe comme nous le montrent les jeux de Jean Bodel, de Jacques de Todi et les divers miracles de Notre Dame dont le plus connu est le Miracle de Théophile de Rutebeuf.
Les mystères
C'est au xiiie s. que les mystères proprement dits apparaissent en Europe, joués et mimés par des jongleurs puis par des confréries. Le mystère (du latin misterium, « représentation ») devient alors le moyen de présenter au public la vie du Christ et de mêler au divin des éléments profanes (chroniques, histoires de bonne femme, potins de la ville où l'on joue la pièce). C'est dire que la structure du mystère est très souple et, surtout, qu'elle change de ville en ville, ayant des intermèdes ou entractes non écrits dans lesquels la verve satirique des comédiens se donne libre cours. Ces diverses Passions médiévales durent une dizaine de jours et constituent une véritable fête pour la ville. Parmi les plus célèbres, figurent la Passion d'Arnoul Gréban (vers 1450) et celle de Jean Michel (1486). En 1548, un arrêt du parlement de Paris interdit les Jeux de la Passion qui tentent de survivre en adaptant les épopées nationales, transition entre le mystère et le drame tel qu'il a été conçu par William Shakespeare, par exemple.
La comédie
Si l'on excepte le Jeu de la Feuillée d'Adam le Bossu, la comédie n'acquiert son indépendance que vers la fin du xive s. C'est surtout en Allemagne que la comédie connaît un grand essor avec le Meistersinger de Nuremberg, Hans Sachs. Cette comédie médiévale mélange trois genres :la farce, caractérisée par la grosse et naïve critique des grands de ce monde, le rire et les jeux de scène hérités du théâtre latin et surtout de Plaute, dont la plus connue est celle de Maître Pathelin (1465) ;la moralité, genre confus où à l'allégorie se mêlent le burlesque, le pathétique et le mélodrame et qui respire le sermon religieux ; le chef-d'œuvre de la moralité est celle, anglaise, d'Everyman ;la sottie, genre lui aussi allégorique, qui se mêle de politique et inquiète si bien les rois que François Ier l'interdit ; la plus célèbre est celle de Pierre Gringore, Jeu du prince des sots, qui soutient Louis XII contre le pape Jules II.Quand la Réforme éclate, le théâtre lui sert de tribune, et les Passions allemandes sont jouées avec des intermèdes où l'on chante des cantiques luthériens. Le Jeu de l'Esprit et de la Science, dialogue didactique, utilise la moralité pour exposer la doctrine des humanistes et de la Réforme.

Parution: 16/08/2015
Mise à jour: 24/03/2016